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Le livre sacré du grand Esprit invisible

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LE LIVRE SACRÉ DU GRAND ESPRIT INVISIBLE
(NH III, 2 ; IV, 2)

Traduction de Régine Charron


Le livre de l’[économie sa]crée du Grand [Esprit] invisible.

[Le Pè]re au nom ineffable, [qui sortit] des hauteurs [du Plérôme,] [lu]mière de la lumière des [éons de lum]ière, lumière du [silence, de la pro]vidence (Pronoia) du Père du silence, [lumière] de la parole de vérité, lumiè[re des] [incorrup]ti[bilités,] [lum]ière illimitée, [le] rayonnement hors des éons de lumière du Père non manifesté, insignifiable, qui ne vieillit pas, qu’on ne peut proclamer, l’[é]on des éons, l’Autogène (né de lui-même), engendré de lui-même, croissant de lui-même, (l’éon) allogène, l’éon véritable, en vérité !

De Lui [sor]tirent trois puissances, qui sont : le père, la mère, le fils, à [partir] du silence vivant, rayonnement du [Pè]re incorruptible.

Celles-ci sor[ti]rent en effet du silence du Père inconnu.

[Et] de ce lieu-là [sor]tit Domédôn Doxomé[dôn,] [l’éon] des éons et la lu[mière de] chacune de [leurs] puissances.

Et [ain]si, le fils sortit [en] quatrième, la mère en [cin]quième, [le père] en sixième. Il [n’]était [pas . . . . . . . ] mais non proclamé, [celui] qui est insignifiable dans tou[tes les puissances], les gloires et les [incorruptibili]tés.

De ce lieu-là sor[tirent] les trois puissances, les trois ogdoades que [le Père], en silence, avec sa providence, [fit sor]tir de son sein, c’est-à-dire le père, la mère, le fils. 

La <prem>ière ogdoade, à cause de laquelle l’Enfant triple-mâle sortit,
c’est la pensée (ennoia), le [lo]gos, l’incorruptibilité et la vie éternelle, le vouloir, l’intellect (noûs), la prescience, le Père andro[gy]ne.

La deuxième Puissance étant une ogdoade, c’est la Mère, Barbélô, [la Vie]rge, Epitititôch . . . . . ai. Memeneaimen[ . . . celle] qui règne sur le ciel, Karb[ . . . . . ], la puissance inex[plicable], la mère ineff[able. Elle jaillit] hors d’elle-même [ . . . . . ], elle sortit, [elle] s’accor[da] avec le père [ . . . . . ] silence.

La troisième [Puissance étant une o]gdoade, c’est le Fils du silence de silence, la couronne du silence de si[lence], la gloire du Père et la ver[tu de la] [Mère.]

Celui-ci fit sortir du sein les sept puissances de la grande [lu]mière les sept voyelles, et le Verbe est leur plénitude.

Telles sont les trois [Puissances], les trois ogdoades, que le [Père, avec] sa providence (Pronoia), fit sortir de son sein.

Il les fit sortir de ce lieu-là.

Il sortit, Domédôn Doxomédôn, l’éon des éons avec le [trô]ne qui est en lui, et les puissances qui l’entourent, les gloires et les in[corrup]tibili[tés].
Le Père de la grande lu[mière], c’est du silence [qu’il sortit],

Ce [grand] éon [Doxom]édôn dans [le]quel l’Enfant [triple-mâ]le [se] repose, et [en] lui fut établi le trône de sa [gloire], sur [lequel] son nom inconnu est [inscrit] dans le buis [ . . . . . ]

Le Verbe est un, le Pè[re de la lumiè]re du Tout, celui [qui sortit] du silence, [se] reposant dans le silence, celui dont le nom (se trouve) dans un symbole [invisible,] [dans un] mystère secret, in[visible.] [Il] sortit : iiiiiiiiiiiiiiiiiii[iii] [ē]ēēēēēēēēēēēēēēēēēēēē[ē] [o] ooooooooooooooooooooo uu[uuu]uuuuuuuuuuuuuuuuu  éééééééééééééééééééééé aaaaaaa[aaaa]aaaaaaaaaaa ōōōōōōōō[ōōō]ōōōōōōōōōōō

Et [ain]si les trois puissances louèrent le [Grand] Esprit invisible, au [nom] ineffable, (l’Esprit) virginal, qu’on ne peut invoquer, et [sa] Vierge mâle.

Elles [de]mandèrent [une] puissance.

(Alors) sortit un si[lence], dans un silence vivant, (sortirent) des [gloires] et [des in]corruptibilités dans les éons [ . . . . . . ] éons, des myriades s’ajoutant [ . . . . . ] triple-mâle, les [trois] générations mâles, les ra[ces mâles.]

[Elles] rempl[irent] le grand [éon] Doxom[édôn] [de] la puissance du Verbe du [Plérôme entier].

Alors, l’[Enfant] triple-mâle, [le Grand] Christ qu’a oint le [Grand] Esprit [in]visible, celui dont la puissance [fut appelée] Ainon, adressa [une louange au] Grand Esprit invisible [et à sa] Vierge mâle, Yo<u>[el,] [au] silencieux silence de silence, à la [grand]eur (Les pages 45 à 48 du codex III manquent ; à leur place, nous traduisons le codex IV 55,20-60,29) qui est [dans le nom qu’on ne] prononce [pas du Père in]effable, au sujet duquel on [ne] peut répondre, et qu’on [ne] peut expliquer, le premier qui s’est [manifes]té et qu’on ne peut [pro]clamer, inson[dable] [ . . . . . . ], qui est une merveille [ . . . . inef]fable, [ . . . . . . . . . ] celui qui possède toutes les grandeurs, dans une grandeur silencieuse et une quiétude, dans [ce lieu]-là.

L’[Enfant] triple-[mâle] adressa une louange et demanda [une puissance]
au [Grand] [invisible] Esprit [virginal].

Alors se manifesta à partir de ce lieu-[là . . . . . . . . ] qui [ . . . . . . . ] voyant (qui voit ?) des [gloires] [ . . . . . des] trésors dans un [ . . . . . . . . ] des mystères [invisibles, . . . . des . . . . . ] du silence [ . . . . . . . . ] [la] Vierge [mâle] [Youel.]

[A]lors se [manifes]ta [l’enfant de l’en]fant, Éséph[ech].

Et [ainsi] fut complétée (la triade), le [père, la] mère, le [fils], les cinq sceaux, la puissance invincible, c’est-à-dire le Grand [Christ] de tous les incorruptibles.

[ . . . . . . . . . . ] saint(s)[ . . . . . . . . . . ] l’infini, la [ . . . . . ] de [ . . . ] corrompre et [ . . . . ] sont des puissances [et des gloires et] des incorrupti[bilités . . . . . ] [ . . . ] sortirent [ . . . . . . . . les enseignements ?
[ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ] [ . . . ] sortir [ . . . . . . . . . . . . ] qui (vont ?) [ . . . . . . . . . . . . ] [ . ] . [ . . . ] . . . [ . . . . . . . . . . . . ]
Celui-ci adressa [une louange] au [ . . . . . . . . . ] non manifes[té], secret [ . . . . . . . . . . . le] Caché (Kalyptos), [ . . . . . . . . . . ] (Les lignes 17 à 20 manquent) le (=lui) dans le [ . . . . . . . . . . ] les éons [ . . . . . . . . t]rô[ne(s)] des [ . . . . . . . . ] et . . chacun [ . . . . . . . ] [étant] entourés de myriades de [puissances] en nombre infini, [de gloi]res et d’[incor]ruptibilités [ . . . . . ] et [louant (et) rendant gloire] au père, [à] la mè[re et] au fils et [au Plérôme] entier dont j’ai déjà [parlé], [aux] cinq sceaux [et au mystè]re des [mystères].

Ils se manifestèrent (la ligne 9 manque) [ . . . . . . . . ] hors de [ . . . . . . . . . . . . ] chacun (la ligne 12 manque) [ . . . . . . . . qui] règne sur [ . . . . . . . . . ] et les éons [éternels] en vérité, [vraiment.]
[ . . . . . . ] et des [trônes . . . . . . . . . . . . . . . ] éternels

(Les lignes 19 à 21 manquent)  et les éons éter[nels en] vérité, vraiment.
Alors [sortit] une [Enn]oia [en silence], dans un [si]lence [vivant de] l’Esprit, (avec ?) [une] parole [du] Père et [une lu]mière, ayant [ . . . . . . . . les cinq] sceaux que le [père fit sortir] de son sein, ayant traversé tous les éons dont j’ai déjà parlé et ayant établi des trônes de gloire et des myriades d’anges [in]nombrables [les] entourant, des [puissances et des] gloires [incorruptibles],  qui [chantent] et rendent gloire, louant tous (ensemble) d’une [voix unique], dans la même attitude, [d’une voix] ininterrompue, [ . . . . . . . . . ] le père, la [mère], et le fils [ . . . . . . . ] et [tous les plé]rômes dont [j’ai déjà] parlé, [c’est]-à-dire le Grand] Christ issu du [silence,] [c’est-à]-dire l’enfant [incorruptible], Telmael, Telmach[ael], [Éli, Éli], Machar, Machar, [Seth,] [la] puissance [vrai]ment vivante, en véri[té,] [et la Vierge] mâle qui est [avec lui], Youel, et [És]éphech, celui qui détient [la gloire,] l’[enfant] de l’enfant, [et la couronne] de sa gloire [ ] des cinq sceaux, [le Plé]rôme [dont j’ai parlé déjà.] [Étant] IV [sorti], le Grand [Logos] Autogène vivant, [dieu] véritable, nature inengendrée,
celui dont je prononcerai le nom en disant : [ . . ]aïa . [ . . . . ]thaôthôsth . [ . ], lui qui est [le] fils du [Grand] Christ, lui qui est le fils [du] silence ineffable, étant sorti du Grand [Esprit invisible] et incorruptible, le [fils] du silence avec (?) un silence, [il] (se ?) manifesta [ . . . . . . . . . . . . . ] . . [ . . ] . . [ . . . . . ] [ . . . ] . [ . . . in]visibles [ . . . . . . . . . . ] . . (qui ?) [ . . . . et les] trésors [de] sa gloi[re.]

[Celui-ci] se manifes[ta] (dans le/la ?, hors du/de la ?) [ . . . . ] manifeste et il [établit] les quatre [éons].

Par la parole, [il] les établit.

Il adressa [une louange] au Grand Esprit [in]visible, virginal, [ . . . . . ] [pater]nel, dans un si[lence de] silence vivant, en [silence,] [le] lieu [où se] re[pose] l’Homme [ . . ] qui a [ . . . . . ] par la [ . . . . . ]. (Reprise du texte du codex III)
(Alors sortit ?) [de ce lieu]-là la nu[ée de la] grande lumière, la puissance vivante, la mère des saints incorruptibles, la grande puissance, Mirothoè. 

Et elle engendra celui dont je prononce le nom en disant : « Tu es Un, tu es Un, EA, EA, EA » — trois fois.

Car (c’est) [lui] Adamas, la lumière qui illumine,
 celui qui vient de l’Homme,
 le premier Homme,
 celui par qui tout est arrivé,
 celui pour qui toute chose existe,
 celui sans qui rien ne s’est produit.
Il sortit, le Père inconcevable, inconnaissable.
Il sortit (et) descendit pour l’annulation de la déficience.

Alors le Grand Logos, l’Autogène divin, et l’Homme incorruptible, Adamas, se mélangèrent l’un à l’autre. (De leur union) advint un logos humain. Et l’homme lui aussi, c’est par un logos qu’il fut (créé).

Il adressa une louange au Grand invisible, insaisissable, virginal Esprit et à la Vierge mâle, et à l’Enfant triple-mâle, à la [Vierge] mâle Youel et à Éséphech, celui qui [dé]tient la gloire, l’enfant de l’enfant, et la couronne de sa gloire, et au grand éon Doxomédôn, et aux trônes qui sont en lui, et aux puissances qui l’entourent, les gloires et les incorruptibilités, et à leur plénitude entière dont j’ai déjà parlé, et à la terre aérienne, la réceptrice de divin, le lieu où prennent forme les hommes saints de la grande lumière, les hommes du Père du silence de silence vivant, le Père, et à leur plénitude entière, comme je l’ai déjà dit.

Il adressa une louange, le Grand Logos, l’Autogène divin, avec l’Homme incorruptible, Adamas. 

Ils demandèrent une puissance et une force éternelles pour l’Autogène, en vue de la plénitude des quatre éons, pour que par elles se manifestent [ . . . . . . . ] la gloire et la puiss[anc]e du Père invisible des hommes saints de la grande lumière, celle qui viendra dans le monde ayant l’apparence de la nuit.

L’Homme incorruptible, Adamas, leur demanda un fils venant d’elle (la lumière), pour qu’il (le fils) devienne le père de la race inébranlable et incorruptible, et que par cette race se manifestent le silence et la voix
et que par elle se lève l’éon mort, pour se dissoudre.

Et c’est ainsi que sortit d’en haut la puissance de la grande lumière, Prophania. Elle engendra la grande tétrade des luminaires : Harmozel, Oroïael, Daveïthé, Éléleth, et le Grand Seth incorruptible, le fils de l’Homme incorruptible, Adamas. 

C’est ainsi que fut achevée l’hebdomade parfaite, celle qui réside dans des mystères secrets.

Lorsqu’elle est [glori]fiée, elle devient onze ogdoades.

Et le Père fit un signe d’approbation, (et) le Plérôme entier donna aussi son accord aux luminaires.

Apparurent leurs <con>jointes pour l’achèvement de l’ogdoade de l’Autogène divin :

 Grâce, pour le premier luminaire, Harmozel,
 Perception, pour le deuxième luminaire, Oroïael,
 Compréhension, pour le troisième luminaire, Daveïthé,
 Sagesse, <pour le> quatrième luminaire, Éléleth.

Voilà la première ogdoade de l’Autogène divin.

Et le Père fit un signe d’approbation, (et) le Plérôme entier donna aussi son accord aux luminaires.

Apparurent les <serviteurs> :

 le premier, le grand Gamaliel, (pour) le premier grand luminaire Harmozel,
 puis le grand Gabriel, (pour) le deuxième grand luminaire Oroïael,
 puis le grand Samlô, pour le grand luminaire Daveïthé,
 puis le grand Abrasax, pour [le grand luminaire] Éléleth.

Et [les con]jointes de ceux-ci pa[rurent], par la volonté de l’accord du Père :
 Mémoire, pour le grand Gamaliel, le premier,
 Charité (Agapé), pour le grand Gabriel, le deuxième,
 Paix, pour le troisième, le grand Samblô,
 Vie-éternelle pour le grand Abrasax, le quatrième.

Ainsi furent complétées les cinq ogdoades, une quarantaine parfaite, dans une puissance inexplicable.

Alors, le Grand Logos, l’Autogène, et le Verbe du Plérôme des quatre luminaires adressèrent une louange au Grand Esprit invisible, qu’on ne peut invoquer, virginal, et à la Vierge mâle, et au grand éon Doxomédôn, aux trônes qui sont en eux et aux puissances qui les entourent avec des gloires et des dominations, aux puissances de l’Enfant triple-mâle et à la Vierge mâle Youel, et à Éséphech, celui qui détient la [gloir]e, [l’enfant] de l’enfant et la couronne de [sa] gloire, au (?) Plérôme entier, et à toutes ces gloires-là, les Plérômes infinis et les éons innommables afin qu’ils appellent le Père : « quatrième », et (quant à) la race incorruptible, qu’ils appellent la semence du Père : « la semence du Grand Seth ».

Alors, tout se mit en mouvement et le tremblement saisit les incorruptibles.
Puis l’Enfant triple-mâle se manifesta à partir d’en haut jusqu’en bas : dans les inengendrés, les autogènes et ceux qui ont été engendrés dans l’engendré. Elle se manifesta, la Grandeur, la Grandeur entière du Grand Christ.

Il établit des trônes en gloire, des myriades innombrables dans les quatre éons, des myriades innombrables les entourant, des puissances et des gloires et des incorruptibilités. Et il se manifesta de cette manière.
Ainsi s’amplifia (la voix de) l’assemblée incorruptible, spirituelle, dans les quatre luminaires du grand Autogène vivant, le dieu de la vérité, bénissant, chantant, glorifiant d’une seule voix, dans la même attitude, d’une voix continue,

le Père, 10 la Mère et le Fils, et leur Plérôme entier, comme je l’ai <déjà> dit.
Les cinq sceaux, qui sont ceux des myriades, et ceux qui règnent sur les éons et ceux qui portent la gloire des stratèges, on <leur> donna l’ordre de se manifester à ceux qui en sont dignes.
Amen.

Alors, le Grand Seth, le fils de l’homme incorruptible, Adamas, adressa une louange au Grand Esprit invisible, qu’on ne peut invoquer, innommable, virginal, et à la mâle Vierge Youel et à Éséphech, celui qui possède la gloire, et la couronne de sa gloire, l’enfant de l’enfant, 56 et aux grands éons Doxomédôn, et à tout ce dont j’ai parlé déjà.

Et sa semence, il la demanda.

Alors sortit de ce lieu-là la grande Puissance de la grande Lumière, Plèsithéa, la mère des anges, la mère des luminaires, la mère glorieuse, la vierge aux quatre seins, produisant le fruit à partir de la source de Gomorrhe, et de Sodome, c’est-à-dire le fruit de la source de Gomorrhe qui est en elle.

Elle sortit par l’entremise du Grand Seth.

Alors le Grand Seth se réjouit de la grâce qui lui fut accordée
par l’incorruptible enfant.

Il reçut sa semence de la part de celle aux quatre seins, la vierge, et l’établit avec lui dans les quatre éons, dans le troisième grand luminaire Daveïthé. 
Après cinq mille ans, le grand luminaire Éléleth dit :

« Que quelqu’un règne sur le Chaos et l’Amenté ».

Alors apparut une nuée [dont le nom est] « Sophia Hylique », [et l’image] regar[da] vers les ré[gions du Chaos], son visage était comme [ . . . . . ] . , sa forme était [ . . . . . ] sang.

Et il dit, [le grand] ange Gamaliel, [au grand Gabriel], le serviteur du [grand luminai]re Oroïael : [« Qu’un] ange se manifeste [pour ré]gner sur le Chaos [et l’Amenté].

Alors, la nuée impu[re engendra] à partir des deux monades [ . . . . . pe]tite lumière. [ . . . . . ang]e qu’elle a établi dans la nuée d’en haut.
[Alors], Saklas, le grand [ange, vit] le grand démon [qui est avec lui, Nebr]ouel, et ils devinrent [tous deux ensemble un] esprit terrestre.
[Ils produisirent des] anges (pour être leurs) assis[tants].

Saklas [dit] au grand [démon Neb]rouel : « Qu’il y ait [dou]ze éons dans [ . . . . . ] éon(s), des mondes [ . . . . . ]. Le grand an[ge Saklas] dit par la volonté de l’Autogène :

« Que le [ . . . . . ] au nombre de sept [ . . . . . ].
Et il dit aux [grands anges] : « Allez, [et que chacun] de vous règne sur son [monde.]
[Ils] s’en all[èrent], chacun [d’eux.]
[Voici les] douze [anges. Le premier] ange est Ath[ôth, celui-là même] que les [grandes généra]tions des hommes appellent [ . . . . . ]
Le deu[xième] est Harmas, [qui] est [l’œil du feu].
Le troisième [est Galila]. Le quatr[ième] est Yôbêl.
[Le cinquième est A]donaïos, celui qu’on app[elle Sa]baôth.
Le sixième [est Caïn, celui que toutes les races] des hommes appellent « le soleil ».
Le [septième est Abel]. Le huitième est Akiressina.
[Le neuvième, Youbel]. Le dixième est Har[moupiael].
[Le] onzième est Arch[eir Adônin]. Le douzième [est Bélias].
Voilà ceux qui sont assignés à l’Amenté [et au Chaos].
Après la fonda[tion du monde], Saklas dit à ses [anges] : « Moi, je suis un di[eu jaloux] et sans moi rien ne s’est [produit] », étant confiant en sa nature.

Alors, une voix sortit d’en haut et dit : « L’Homme existe, ainsi que le Fils de l’Homme ! »

À cause de la descente de l’Image d’en haut qui ressemble à sa voix dans la hauteur, — de l’Image qui a regardé (vers le bas) —, par le regard de l’Image d’en haut, ils modelèrent le premier modelage, celui à cause de qui Métanoia vint à l’existence.

Elle reçut sa plénitude et sa puissance par la volonté du Père et son consentement, lorsqu’il donna son accord à la grande race incorruptible et inébranlable des grands hommes forts du Grand Seth, pour qu’il la sème dans les éons <engendr>és, afin que par elle, soit comblée la déficience.
En effet, elle (Métanoia) était venue d’en haut vers le monde qui a l’apparence de la nuit.

Lorsqu’elle vint, elle pria, à la fois pour la semence de l’archonte de cet éon et pour les puissances qui sortirent de lui, cette semence souillée, destinée à périr, du dieu engendreur de démons, et pour la semence d’Adam, celle qui ressemble au soleil, et (pour celle du) Grand Seth.

Alors vint le grand ange Hormos pour préparer au moyen des vierges de la semence souillée de cet éon, dans un corps engendré par le Logos, sanctifié par l’Esprit Saint, la semence du Grand Seth.

Alors le Grand Seth vint, il apporta sa semence et elle fut semée dans les éons engendrés, dont le nombre est le chiffre de Sodome.
Certains disent que c’est Sodome le lieu de pâturage du Grand Seth, (alors que) c’est Gomorrhe.

Mais d’autres (disent) que le Grand Seth tira sa plante de Gomorrhe et qu’il la planta dans le deuxième lieu, qu’il appela « Sodome ».

Telle est la race qui apparût par l’entremise d’Edôkla.

En effet, elle engendra par la parole Vérité et Justice, (qui sont) le principe de la semence de la vie éternelle qui est avec ceux qui résisteront à cause de la connaissance de leur émanation.

Telle est la grande race incorruptible qui vint à travers trois mondes dans le monde.

Alors le déluge se produi<ra>, comme modèle (en vue) de la consommation finale de l’éon.

Celui-ci, on l’enverra dans le monde à cause de cette race.
Il y aura un feu sur la terre, et la grâce sera avec ceux qui appartiennent à la race, par l’entremise des prophètes et des veilleurs qui gardent la vie de la race.
À cause de cette race, il y aura des maux et des fléaux.
Mais ces choses arriveront à cause de la grande race incorruptible.
À cause de cette race, il y aura des tentations, une tromperie (de la part) de faux prophètes. 

Alors, le Grand Seth vit l’activité du Diable aux multiples formes, et les plans qu’il allait mettre à exécution contre sa race incorruptible, inébranlable, les persécutions de ses puissances et de ses anges, et leur égarement, car ils commirent des audaces contre eux-mêmes.

Alors le Grand Seth adressa une louange au Grand Esprit virginal qu’on ne peut invoquer, et à la Vierge mâle, Barbélô, et à l’Enfant triple-mâle, Telmael Telmael Héli Héli Machar Machar Seth, Puissance vivante, en toute vérité, à la Vierge Youel et à Éséphech qui possède la gloire et la couronne de sa gloire, et au grand éon Doxomédôn, et aux trônes qui sont en lui et aux puissances qui les entourent, et au Plérôme entier, comme je l’ai dit déjà. Et il demanda des gardiens pour sa semence.

Alors sortirent des grands éons quatre cents anges aériens, avec eux étant le grand Aérosiel et le grand Selmechel, pour veiller sur la grande race incorruptible, son fruit, et les grands hommes du Grand Seth à partir du temps et du moment de Vérité et de Justice (Themissa) jusqu’à la consommation de l’éon et de ses archontes, ceux que jugèrent les grands juges, (les condamnant) à mort.

Alors, le Grand Seth <fut> envoyé par les quatre luminaires, par la volonté de l’Autogène et du Plérôme entier, par le <don> et l’accord du Grand Esprit invisible, des cinq sceaux et du Plérôme entier.

Il passa à travers les trois parousies dont j’ai parlé déjà : le déluge et le feu et le jugement des archontes, des puissances et des autorités, pour sauver celle qui s’est égarée, par la mise à mort du monde et le baptême, au moyen d’un corps logogène que s’était préparé le Grand Seth, de façon mystérieuse, par l’entremise de la Vierge, pour que soient engendrés les saints au moyen de l’Esprit Saint et de symboles invisibles, secrets, par une réconciliation du monde avec le monde, par la renonciation au monde et au dieu des treize éons, et (que soient engendrés) les appelés, parmi les saints, les ineffables et les incorruptibles, <dans> le sein de la grande lumière du Père qui a préexisté avec sa providence (Pronoia).

Et il (le Père) établit par elle (Pronoia) le baptême saint, supracéleste, au moyen de l’incorruptible Logogène, Jésus le vivant, celui qu’a revêtu le Grand Seth. 

Et il cloua les puissances des treize éons.

Et il établit par lui ceux qu’on amène et qu’on emmène, il les arma d’un bouclier de connaissance de la vérité, (et) d’une puissance invincible, (celle de) l’incorruptibilité.

Il se révéla à eux, le grand Parastate : Yesseus Mazareus Yessedekeus, l’eau vivante ; avec les grands stratèges : Jacques le Grand, Théopemptos et Isaouel ; les préposés à la source véritable : Micheus, Michar et Mnèsinous ; le préposé au bain des vivants ; les purificateurs ; Sesengenpharangès ; les préposés aux portes des eaux : Micheus et Michar ; les préposés à la surrection : Seldaô et Élénos ; les receveurs de la grande race incorruptible, <ces> hommes forts <du> Grand Seth, (qui sont) les serviteurs des quatre luminaires : le grand Gamaliel, le grand Gabriel, le grand Samblô, et le grand Abrasax ; les préposés au soleil, au chemin de son lever : Olsès, Hypneus et Heurymaious ; les préposés au chemin de l’entrée dans le repos de la vie éternelle : les prytanes Mixanther et Michanor ; ceux qui veillent sur les âmes des élus, Akraman et Strempsouchos ; la grande Puissance Héli Héli Machar Machar Seth ; le Grand Esprit invisible, qu’on ne peut invoquer, innommable, virginal, et le silence ; le grand luminaire Harmozel, le lieu de l’Autogène vivant, dieu de la vérité, et de <celui> qui est avec lui, l’homme incorruptible, Adamas ; le deuxième, Oroïael, le lieu du Grand Seth, et (de) Jésus le Vivant, celui qui vint et crucifia ce qui est soumis à la loi ; le troisième, Daveïthé, le lieu des enfants du Grand Seth ; le quatrième, Éléleth, le lieu où les âmes des enfants (de Seth) se reposent ; le cinquième, Yôel, le préposé au nom, celui à qui on accordera (le privilège) de baptiser dans le baptême saint, supracéleste, l’incorruptible.

Mais à partir de maintenant, par l’entremise de l’homme incorruptible Poïmael, et de ceux qui sont dignes de l’épiclèse, de la renonciation, des cinq sceaux, dans la source baptismale, ceux-là connaîtront leurs Receveurs, comme on les instruit à leur sujet et seront connus d’eux.

Ceux-là ne goûteront point la mort.
« IĒ IEUS ĒŌ OU ĒŌ ŌUA
En vérité, en vérité !
10 Yesseus Mazareus Yessedekeus, l’eau vivante,
l’enfant de l’enfant, le nom glorieux !
En vérité, en vérité !
L’Éon, Celui qui est !
IIII ĒĒĒĒ EEEE OOOO UUUU ŌŌŌŌ AAAA{A}
15 C’est vrai, en vérité !
ĒI AAAA ŌŌŌŌ
Toi qui es, qui vois les éons !
C’est vrai, en vérité !
A
E E
Ē Ē Ē
I I I I
U U U U U U
ŌŌŌŌŌŌŌŌ
Toi qui es éternellement éternel !
C’est vrai, en vérité !
IĒA AUŌ
Dans le cœur, toi qui es Upsilon (U) toujours, à jamais, tu es ce que tu es, tu es qui tu es.

Ce grand nom qui est tien est sur moi, (toi), l’Autogène sans déficience, (toi) qui n’es pas en dehors de moi. Je te vois, toi l’invisible aux yeux de tous.

Qui, en effet, pourra(it) te saisir ?
(Rubrique) Sur un autre ton, maintenant : Je t’ai connu, je me suis mêlé à l’immuable, je me suis armé d’une armure de lumière, je suis devenu lumière.

Car la Mère était dans ce lieu-là, à cause de la beauté immense de la grâce.
C’est pourquoi j’ai tendu mes deux mains, j’ai pris forme dans le cercle de la richesse de la lumière : elle est dans mon sein, elle donne forme à la multitude d’engendrés, dans la lumière irréprochable.

Je vais dire ta gloire en toute vérité car je t’ai saisi, SOU N IĒS IDE Oméga (Ō) éternel, Epsilon (E) éternel, O IS Ō, AIŌN AIŌN, dieu du silence, je te loue tout entier, tu es mon lieu de repos, le Fils, ĒS, ĒS, Omicron (O), Epsilon (E).

L’Être sans forme, qui est parmi les (êtres) sans forme, voici qu’il éveille l’homme dans lequel tu me purifieras pour (recevoir) ta vie, selon ton nom impérissable.

C’est pourquoi le parfum de la vie est en moi, je l’ai mélangé à de l’eau - pour (servir de) modèle à tous les archontes -, afin de vivre près de toi, dans la paix des saints, (toi) l’Être éternel.

En vérité, en vérité ! »

Voilà le livre que le Grand Seth a écrit.

Il l’a déposé sur de hautes montagnes, où le soleil jamais ne se lève, ni ne peut se lever. Et depuis les jours des prophètes, des apôtres et des prédicateurs, le Nom n’est absolument pas monté à leur cour, ni ne peut y monter, et leur oreille ne l’a point entendu.

Ce livre, il l’a écrit, le Grand Seth, avec des lettres, en cent trente années. Il l’a déposé sur la montagne appelée « Charaxio », pour qu’en apparaissant dans les derniers temps et moments, selon la volonté de l’Autogène divin et de tout le Plérôme, par le don (provenant) du vouloir insaisissable, impensable, paternel, il révèle cette race incorruptible, sainte, du grand Sauveur, et ceux qui demeurent auprès d’eux, dans l’amour, avec le Grand invisible éternel

Esprit et son fils unique, la lumière éternelle, et sa grande compagne incorruptible, l’incorruptible Sophia, Barbélô, une plénitude entière, pour l’éternité. 

Amen.

Colophon

L’évangile égyptien, le livre écrit par Dieu, (livre) sacré, secret.

Que la grâce, la compréhension, la perception et la sagesse soient avec celui qui l’a transcrit — Eugnoste le Charitable est mon nom spirituel, mon nom charnel est Concessus — et avec mes compagnons de lumière, de manière incorruptible.

Jésus Christ, fils de dieu, Sauveur. Ichthus.
Écrit par Dieu (est) le livre sacré du Grand Esprit invisible. Amen.
Le Livre sacré du Grand Esprit invisible. Amen.

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W.K.P
ÉTUDES BIBLIQUES

 


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